Aujourd'hui, Antonin aura trois ans, quand il sera 13h00 et des bananes... Je me rappelle plus, la honte! Mais je me rappelle de plein d'autres choses!
Déjà que nous nous sommes rendu compte de ma grossesse tard, très tard... Nous étions en vacances a Angoulême, chez Mamie Bling bling, et il faisait très chaud, je me sentais toujours mal, très mal. Jules était tout petit, il avait 11 mois et ne marchait pas encore tout à fait. A force de discussion avec ma belle mère, j'ai fini par croire que j'avais un cancer de la vésicule, ouai, carrément! retour en banlieue, je vais chez le docteur, en lui expliquant mes symptômes et en lui exprimant le fait que je craignais sincèrement d'être vraiment très, très malade. "Et une grossesse, est ce possible?" me dit elle. "Ah non, c'est IMPOSSIBLE!!". Tellement impossible qu'après une prise de sang "Juste pour voir hein!", ben j'étais belle et bien enceinte de quasi trois mois d'Antonin.
Je me souviens d'un bébé, dans mon ventre, super présent et d'une grossesse sereine, malgré une énorme fatigue et une bonne prise de poids. Avec Johan, on s'était dit que cet enfant (nous ne connaissions pas le sexe, nous n'avons jamais voulu savoir) naitrait dans le plus grand respect, pas de péridurale, pas de gestes invasifs, Johan avait des consignes très strictes bref, nous étions au taquet pour le jour J, sauf que.... Les choses ne se gèrent pas toujours aussi simplement, en tous cas, pas chez nous.
La veille du fameux jour J, je me rappelle avoir pleuré comme une madeleine en disant à Johan que jamais cet enfant ne sortirai de mon ventre (je n'en pouvais plus, j'étais a j-10, un ventre complètement distendu, un bébé qui bougeait a fond et la peau qui me faisait mal, tellement elle était tendu). Je me couche.... Dans la nuit, une contraction me réveille (j'ai la chance de n'avoir des contractions que le moment venu), ça y est!! Les choses se mettent en place, mon bébé va bientôt arriver, je le sais, je le sens et je suis tout simplement contente. Je reste au chaud dans mon lit et somnole tranquillement, Jules dort et Johan aussi.
Johan se lève pour aller au travail (on est dimanche, il est du matin, il doit donc être 5h00 du mat). Je me rappelle juste l'avoir simplement prévenu que je sentais que... Il part au travail en se disant qu'il allait bientôt revenir. Là, je commence a douiller un peu, je me rappelle m'être occuper de Jules, non sans mal parce que oui, mon corps commençait a bien travailler et puis je ressentais de plus en plus le besoin d'être seule avec moi même.
J'ai donc rappeler la maison d'arrêt, laisser un message pour Johan et tout le monde devait être au courant là bas, car je crois que jamais personne n'est sortit d'un établissement pénitentiaire aussi vite que Johan ce jour là, j'en suis encore morte de rire. Je revois encore sa bouille dans la porte d'entrée, moi en pyjama dans le couloir "Ça y est, Jules est prêt? Je l'emmène chez la nounou? On part ensuite a la mater, tu va tenir???????". J'éclate de rire! "Nan, je voulais juste que tu vienne prendre le relais pour Jules!!".
Alors là, les choses s'enchaînent un peu, les contractions sont de plus en plus fortes, je prend un bain, un super bain, je gère tout bien, je suis super sereine et super contente, j'ai l'impression d'être la reine du monde, à l'écoute de mon corps de mon bébé, je souffle, j'accueuille les contractions comme on me l'avait conseillé et j'y arrive! Sauf que.... Le bain m'a tellement fait du bien que là, je ne suis plus du tout la reine du monde et je commence a ne plus pouvoir accueillir ces fameuses douleurs... J'ai vraiment trèèèèèès mal. Je sors difficilement du bain, je met un temps infini a m'habiller, les contractions deviennent vraiment violentes et m'empêchent de bouger comme je voudrais... En fait, je souhaiterais rester couché sur le côté, dans mon lit, mais je ne suis pas adepte des accouchements à domicile, donc, va falloir y aller. Le temps pour Johan d'emmener Jules chez la nounou, je reste assise sur mon canapé, je ne peux plus me mettre autrement que comme ça et j'ai maaaaaaaaaaaal (je suis douillette aussi, faut le savoir) et je ne suis plus du tout sereine, ni calme, ni zen, ni la reine du monde...
On monte dans la voiture et mon calvaire commence, le vrai calvaire.. Toutes celles qui ont eut des enfants peuvent imaginer le "confort" ressentit dans une AX toute petite quand on est en plein travail... Bon, alors là, le délire, j'engueulais Johan à chaque bosse, pourtant, il faisait super gaffe, mais moi, j'avais trop, trop mal et je commençais à me dire que toutes ces histoires de "gérer la douleur, gniagnia", ben c'était des conn*eries! Accoucher, ça fait mal et pis vraiment mal!
Nous voici devant la maternité, nous sommes dimanche, donc nous devons passer par les urgences pour rejoindre l'accueuil mater, un vrai labyrinthe.... Au lieu de mettre 5 minutes, on en a mis 20, je devais m'arrêter toutes les trois minutes pour me tortiller le popotin pendant la contraction et reprendre mon souffle, donc forcément, on avance moins vite!
Hourra, alléluia, nous voici à l'accueil mater, rhaaaa, j'en peux plus, je m'écroule sur une chaise et Johan s'occupe du reste. Je commence à ne plus trop avoir d'images en tête, juste des sons, des paroles, des impressions et des couleurs, et non, je n'ai pas pris de drogues! J'entends la dame à l'accueuil qui dit tranquillement "Ouhlàlà, faut dire a "machine" (je me rappelle plus le prénom de la sage femme) de ne pas trop tarder, ça à l'air de contracter sévère chez la petite dame là!" . Machine arrive, me demande de faire pipi dans un gobelet et le "si vous pouvez bien sûr" me fais comme une caresse, ouf, elle a compris que là, ce n'était pas possible, elle a compris que là, ça va pas, elle va m'aider....
On va en salle de contrôle, la sage femme me lance un "Ça fait du bien de marcher!!" moi dans ma tête (Mouai....). Contrôle du col, ben oui hein, on est a 6 donc, salle de travail. Heu, j'ai pas trop envie de suite, mais en même temps, j'ai tellement mal, je veux la péridurale, au diable mes supers résolutions, je suis sûre que la plupart des "anciennes" qui revendiquent leurs accouchements sans le choix de la péri, ben si elles avaient eut ce fameux choix, elles l'auraient prise cette fameuse péri! j'en peux plus... La sage femme m'entend bien, elle m'installe et va chercher l'anesthésiste. Sauf que....
L'anesthésiste arrive un peu tard, (trop tard...) et la suite des évènements s'enchaîne. Je ne me rappelle juste que la violence de la douleur m'a fait réellement peur, limite perdre pied, je suis complètement envahie, mon corps ne m'appartient plus, ce n'est que douleur, je n'arrive même plus à m'accrocher au fait que c'est mon bébé qui va naître. Mais Johan était là. Je ne me rappelle plus le visage de la sage femme, ni de son auxiliaire? J'étais sur le coté tourné vers Johan et l'auxiliaire me maintenait gentiment et pour cause. Je me rappelle l'avoir bigrement insulté et essayer de lui donné un coup de pied aussi... Et Johan qui me dit "tututut, mais enfin!!!" et l'auxiliaire qui lui dit "Chuuut, laissez la faire, cela lui fais du bien." Et moi, outré dans mon fort intérieur que mon chéri me fasse la moral alors que je suis sur point d'être coupé en deux!!!!! Je me souviens aussi de la sage femme qui me dit "Passez au delà de la douleur madame, poussez!! " "Pu*tain mais je voudrais bien la voir, elle, a choisir entre l'enclume ou le marteau, si je pousse plus, je meure!!!" Et pour cause.... Après 10 minutes de lutte, de cris (pour moi) de déchirage de main (pour Johan), de larmes et d'horrible impression de vivre mes derniers moment, Antonin a réussit a naître, enfin... J'ai eut tellement de sensations à ce moment là, que je ne l'ai même pas sentit naître, c'est la sage femme qui me l'a confirmé. Un bébé tout balaise, un petit garçon (4kg500, j'ai compris ensuite pourquoi ce fut si dur) et très en colère. En même temps, je le comprend, ce ne fut pas simple ni pour moi, ni pour lui. Je l'ai alors pris contre moi et c'était fini, je n'avais plus mal, je n'avais plus peur, j'étais bien et mon bébé était beau, tout chaud contre mon sein et ne pleurait plus.
Pour Johan, ce fut le jour le plus beau de sa vie (il me l'a avoué il n'y a pas longtemps, les mots qui suivent sont de lui)), ce moment entre vie et mort, l'intensité de la venue au monde, me soutenir alors que je n'en peux plus et enfin, voir Antonin tout énervé venir au monde, c'était fabuleux. D'ailleurs, je crois que c'est lui qui me l'a posé sur le ventre... La fierté qu'il a ressentit quand Antonin a été mesuré et pesé, il était tellement fier de son garçon, son regard quand il me l'a ramené après les soins, il était vraiment très heureux, moi aussi, mais un peu comment dire.... Sous le choc? Il me racontait qu'il y avait un autre papa là où on mesure et pèse les bébés avant de les rendre de suite a leurs mamans et que ce papa regardait son fils et regardait Antonin, regardait son fils et reregardait Antonin, d'un air de dire "Mon fils est riquiqui...". Il était très fier!
Voilà ce dont je me rappelle, aujourd'hui, Antonin a trois ans, est toujours aussi énervé, tendu comme un arc, mais tellement mignon, en fait, il est comme toujours, depuis qu'il est dans mon ventre, super speed, mais super touchant. Bon anniversaire Antonin!
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Joyeux naniversaire, Antonin! Un bébé au gabarit de son papa, non?
RépondreSupprimerFaut pas faire pleurer les mamans en journée comme ça Séverine. Ton récit est très émouvant....
RépondreSupprimerJe t'embrasse fort...
bon naniversaire Antonin. Bises
RépondreSupprimerTon recit est tres fort, tres emouvant... Des bisous a toi et ton "petit" Antonin!!
RépondreSupprimerpfff je pleurouille (je pleure un tout ptit peu)
RépondreSupprimerdes bisous!
et morte de rire pour "jcrois que j'ai un truc grave"....
Avec beaucoup de retard, je lis ton récit!!! J'adore ton style et ça rend le moment très émouvant!!! :)
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